La protection respiratoire, la grande oubliée des bricoleurs

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protection respiratoire

Votre récent achat immobilier porte sur une vieille maison dont la construction se situe entre 1940 et 1980. Pour être en conformité avec la loi de transition écologique, vous avez décidé de la rénover entièrement avant de vous y installer. Le décapage et le détartrage sont en effet des opérations à risque en raison d’une possible contamination au plomb ou à l’amiante. Éclairage.

Une méconnaissance des risques de contamination

Dans un logement ancien, on peut trouver l’amiante à différents endroits. Le ciment, les tuiles, le plafond, le plâtre, le plancher, l’isolation et les combles sont quelques-uns d’entre eux, sans oublier le revêtement mural. Projetées dans l’air, l’inhalation de poussières d’amiante peut être à l’origine des pathologies comme le cancer.

Selon les spécialistes, la méconnaissance des risques de contamination à l’amiante est une certitude. Un spécialiste des questions de l’habitat croit savoir qu’il y a urgence en matière de sensibilisation du grand public. En effet, nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à se lancer eux-mêmes dans des travaux de rénovation de leur maison, sans solliciter l’aide d’un professionnel.

La multiplication d’émissions de télévision faisant l’apologie du bricolage est une des raisons pouvant justifier cet engouement massif et l’augmentation exponentielle du nombre de bricoleurs. Certains optent pour un pilotage individuel de leur projet de rénovation afin de pouvoir réaliser des économies sur le budget.

De plus, pendant la phase de négociation pour l’achat d’une propriété, c’est à peine si l’on évoque le sujet lié à la présence ou non de l’amiante. Le courtier Mathurin Lagarde constate une méconnaissance criarde de cette menace parmi la jeune génération d’acheteurs.

protection respiratoire, la grande oubliée des bricoleurs

Le spécialiste Abbas Sakande enfonce le clou en indiquant que la plupart des personnes ne sont pas au courant de l’existence d’un tel risque. Certains selon lui craignent plus les moisissures que l’amiante. La dangerosité de l’amiante se mesure par son caractère dévastateur. L’exposition et la contamination par ce produit peuvent prendre plusieurs années avant de se révéler dans votre organisme.

Avant tout achat immobilier, faites réaliser un diagnostic amiante

Êtes-vous de ceux qui vivent dans une maison dont la construction date d’avant 1997 ? Si oui, sachez que certains matériaux utilisés lors de la construction de ce logement pourraient contenir de l’amiante. La protection contre les incendies, l’efficacité de l’isolation thermique et phonique sans oublier sa grande résistance sont autant de caractéristiques qui ont conduit à une utilisation à grande échelle de l’amiante.

Cette substance minérale en forme de fibres a été longtemps utilisée dans divers domaines, dont celui du BTP. Les plaques de menuiseries, les dalles de sol en vinyle, les conduits, les faux plafonds et les enduits des vieilles maisons en contiennent.

L’interdiction de l’utilisation de l’amiante date du 1er juillet 1997. Produit reconnu dangereux et cancérigène, la production par le vendeur d’un certificat d’absence ou de présence de l’amiante est une obligation légale avant toute transaction immobilière. Ce sont les fins filaments constituant cette substance qui deviennent nocives après inhalation.

Le dépôt des fibres d’amiante au niveau des poumons peut déboucher sur une maladie respiratoire ou un cancer. Les travaux de rénovation, les traces d’usure laissées par l’amiante, le ponçage ou le perçage sont les périodes les plus dangereuses lors d’une exposition à l’amiante. L’opérateur de repérage ou diagnostiqueur est le premier professionnel auquel vous devez faire appel au moment d’engager des travaux de rénovation dans un logement ancien.

Cette précaution dont l’objectif est de détecter la présence de l’amiante vous évitera une exposition à ce matériau dangereux. Le diagnostiqueur opère selon les règles de pratiques dont les spécificités sont connues, mais pas à la portée de tous. Les compétences de ce professionnel sont attestées par un organisme accrédité.

Désamiantage et traitement des déchets amiantés à l’issue des travaux

Abstenez-vous de réaliser vous-même les travaux de rénovation de votre maison si le diagnostic révèle la présence de l’amiante. Ce matériau est réputé extrêmement dangereux et seul le passage d’un professionnel accrédité ou d’une équipe spécialisée permet de le repérer. En vous engageant à réaliser vous-même les travaux dans un tel environnement, non seulement vous prenez des risques pour votre santé, mais vous mettez en danger celle de vos voisins.

Vous serez tenu pour responsable de possibles désagréments qui pourraient survenir et des torts causés à autrui par votre faute. Passer par un professionnel pour réaliser de tels travaux apparaît dès lors comme étant un impératif en vertu du bon sens. L’avantage étant que ce dernier a la capacité de réduire considérablement les risques de contaminations à l’amiante pendant les travaux.

traitement des déchets amiantés à l’issue des travaux

Toutefois, il peut arriver que vous choisissiez d’exécuter vous-même vos travaux de rénovation malgré la présence de l’amiante. Dans ce cas, sachez que vous êtes astreint à l’obligation de vous soumettre au respect strict des règles qui entourent le traitement des déchets contenant de l’amiante. Mettez les déchets amiantés dans les emballages étanches. N’oubliez pas d’apposer la mention « amiante » bien visible au-dessus de l’emballage.

Le traitement des déchets amiantés ne doit surtout pas se faire comme celui des déchets classiques. Rapprochez-vous des services de la mairie pour obtenir la liste des déchetteries situées dans votre voisinage qui acceptent de traiter les déchets amiantés. À défaut, n’hésitez pas à consulter le site web de SINOE. Vous y trouverez un annuaire en ligne répertoriant les lieux de traitement des déchets amiantés sur tout le territoire.

Or, en faisant recours à l’expertise d’un professionnel, il est clair que ce dernier prendra en charge l’évacuation des déchets amiantés. De plus, un bordereau de suivi de ces déchets nocifs vous sera remis afin de garantir la traçabilité du processus d’élimination de ce matériau.

Quelles sont les mesures de prévention contre les risques d’exposition à l’amiante ?

Diverses méthodes permettant de prévenir et de décontaminer un logement ancien existent. Les entrepreneurs dépositaires d’une certification sont les seuls capables d’identifier les matériaux contenant de l’amiante. En prélevant des échantillons et en les faisant examiner par un laboratoire indépendant, ils arrivent à déterminer le niveau des risques : faible, modéré ou élevé. En tenant compte du degré de risque, les professionnels prescrivent les mesures de protection.

Les masques de protection respiratoire, les gants de protection et les gestes à faire empêchent l’inhalation des poussières sur le lieu de travail. Se protéger des poussières et vapeurs toxiques implique également que des tests journaliers soient effectués. Le but de cette vérification étant de vérifier la présence dans l’air ambiant des particules d’amiante.

De même, à la fin des travaux, il est conseillé de procéder à une vérification pour s’assurer de leur conformité en tenant compte des normes réglementaires. Travailler dans une maison ancienne exige un maximum de prudence de la part de l’entrepreneur chargé de réaliser les travaux de rénovation.

Dans un premier temps, ce dernier doit rechercher la présence de l’amiante en procédant à une vérification. En cas de présence détectée de l’amiante, l’entrepreneur doit exiger qu’une analyse soit effectuée afin de déterminer le niveau de contamination.

Si la quantité d’amiante est jugée dangereuse, une décontamination est nécessaire avant d’engager les travaux. Cette procédure susmentionnée est conforme aux exigences de la commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail. Le coût de décontamination d’une maison standard tourne en moyenne autour de 10 000 euros.

Quels traitements appliqués en cas de détection de plomb ou d’amiante ?

Vous avez toujours rêvé d’acheter une belle maison pour y vivre avec votre famille. Désormais, c’est chose faite. Encore quelques mois d’attente, le temps de procéder à certaines rénovations pour la mettre à votre goût et tout sera parfait. Avec son immense pièce à vivre, ses chambres spacieuses, son imposante cuisine meublée et pratique, ses extérieurs à couper le souffle : terrasse, jardin, piscine, etc. vous en aurez pour votre argent. Et bientôt, telle une belle qui attend son prince charmant, votre palace sera tout à vous.

Cette rénovation va complètement changer le visage de cette demeure ancienne pour lui donner un look résolument moderne. Mais il semble que vous ayez omis un point important. La rénovation des logements anciens implique un diagnostic permettant de détecter la présence de matériaux nocifs dont la dangerosité pourrait gravement compromettre votre séjour en ce lieu.

Pour tous travaux d’entretien, de rénovation, de démolition ou de réhabilitation, vous devez, suivant les exigences de la législation, commander une étude et un diagnostic des matériaux utilisés pendant la construction. Cela vous aidera à détecter la présence du plomb ou de l’amiante. La première chose à faire en cas de présence détectée de l’un ou l’autre matériau, c’est de transmettre cette information aux intervenants parmi lesquels l’entrepreneur.

Il y a quelques années, l’utilisation de ce matériau dans le BTP permettait d’effectuer le flocage ou le calfeutrage des peintures et des canalisations. De nos jours, l’interdiction d’utiliser ce matériau répond à un besoin de protéger les hommes et l’environnement. C’est pourquoi un diagnostic plomb et amiante est obligatoire avant d’entreprendre les travaux de rénovation sur une maison ancienne.